lundi 31 décembre 2018

Dernier regard sur 2018

Quelle année...

J'ai trouvé 2017 intense et pleine de rebondissements, et pourtant 2018 ne m'a pas épargnée !
Dernier regard en images et en mots sur 2018, après des mois d'un syndrome de la page blanche spectaculaire.

Il pourrait y avoir mille mots pour décrire les montagnes russes, les cyclones, les tremblements de terre, les tsunamis de deux-mille dix-huit. Un déferlement de souvenirs.

Une année familiale 

 
 

Il y a d'abord ce premier semestre plein de remises en questions, de départs, de valises, de voyages, de décisions, de séparations et de réunions. Et une année qui redémarre au mois de juin avec une superbe opportunité professionnelle, un état d'esprit complètement différent, un envie de croquer la vie à pleine dents, de ne plus laisser place à ce qui peut nuire. Une année de changements donc, pour le meilleur sûrement.

Et Deux-mille dix-neuf, et les résolutions qui vont avec... Moins "matérielles" comme les années précédentes, oui je prends la résolution d'arrêter de fumer, d'être plus économe etc... Mais il y a des décisions plus fondamentales que j'ai décidé d'appliquer et un seul maître mot : OSER.

Oser aimer, oser parler, oser dire ce que je pense, oser écrire, oser rire, oser sourire, ne jamais arrêter en fait, d'oser, pour ne pas avoir de regrets, pour ne pas me poser la question "et si j'avais..." pour barrer les "j'aurais du...". 

2019, on t'attend au tournant

Une année d'amitiés
 

Une année à s'envoyer en l'air


Une année de victoires

Et toujours des paysages exceptionnels

Une seule chose à retenir 

THEN DO IT

dimanche 16 septembre 2018

Mon aventure avec Maurice dure depuis deux ans

Hello,
Je ne savais pas vraiment quoi raconter dans cet article que vous ne sachiez pas déjà, qu'écrire ici alors que je me suis faite assez rare sur ce blog cette année.. Et pourtant il s'en est passé des choses.
Deux ans, deux ans déjà que j'ai posé mes valises sur cette petite île qui paraît être le bout du monde. Pas si loin et pourtant.. J'ai l'impression d'être à des années lumières de celle que j'étais en arrivant le 17 septembre 2016, pourtant à seulement dix mille kilomètres de ma maison. 
Je ne sais pas combien de temps encore je resterai, si j'irai ailleurs, plus loin encore, ou si je ne rejoindrai pas ma capitale après encore quelques temps séparée d'elle. Je crois que j'ai encore des explorations à mener, des endroits à voir, de Maurice et de moi-même... Des limites à franchir, des sauts à faire, des découvertes...


Deux ans et je ne peux pas vraiment faire de bilan si ce n'est que j'ai passé haut-la-main ce que je considérais comme un rite initiatique, un passage à l'âge adulte... Partir à 23 ans, pleine de doutes,  de frayeurs, et de rêves... 
Transformer ce rêve, justement, en faire une réalité, passer d'un univers à l'autre : je suis arrivée avec beaucoup d'idées préconçues de ce que pouvait être la vie ici, j'ai du affronter les désillusions de ce que je croyais être une vie paradisiaque, non pas qu'elle ne le soit pas, mais entre partir en vacances et s'installer quelque part il y a un monde. J'ai du m'armer de courage pour ne pas repartir au bout de trois mois complètement abattue, et chaque jour est un point gagné sur toute la vie que j'ai laissée derrière mois en prenant l'avion il y a vingt-quatre mois. Oui j'ai grandi, j'ai appris à savoir ce que je voulais, j'ai appris à assumer chacun de mes choix, à vivre seule, loin, à expérimenter, à me tromper, à ne jamais m'en vouloir de faire des erreurs, ne pas m'en vouloir non plus de regarder en arrière et de ne pas m'attarder. Et surtout j'ai appris à vivre au présent, alors que j'avais la sale habitude de vivre trop ancrée dans le passé. Cela m'a pris du temps, énormément de temps même, mais aujourd'hui je suis fière de pouvoir dire "j'ai réussi", j'ai réussi à vivre ici sans terreur quotidienne, à m'investir totalement dans mes projets, à m'épanouir presque complètement, à évoluer et à m'intégrer dans un monde parfaitement différent de celui que je connaissais et dans lequel je me voyais me perdre.




lundi 13 août 2018

Toujours plus de souvenirs

Hello à tous,

A défaut de ne pas pouvoir arrêter le temps, je vis chaque jour ici comme si c'était le dernier. 

A chaque fois qu'on me demande de raconter mon histoire je mets l'accent sur le rêve que j'ai accomplis en arrivant ici, toutes ces années passées à ne penser qu'à venir déposer mes bagages à Maurice et m'y établir, certains sont là par hasard, moi c'était une évidence


J'ai plusieurs fois songé à repartir, récemment encore, quand quelque chose me rappelait que c'était à Paris qu'était ma maison, quand une peur de passer à côté de quelque chose de mieux encore se dessinait dans ma tête. Mais chaque jour le même constat en passant devant la plage : c'est pour ça que je reste là. 

Pour le rythme suspendu, pour les années que j'ai l'impression de rajouter à ma vie, comme s'il ne s'agissait que d'une parenthèse avant de reprendre le cours normal des choses au bord de la Seine.. Pour les soirées les pieds dans le sable et la tête dans les étoiles à regarder Mars, la musique qui transcende nos corps et l'ivresse qui nous monte un peu à la tête, pour les amis que je me suis fait, pour les liens qui se sont tissés et qui nous marqueront à jamais, pour les journées sans pluies, et celles où rien ne pourrait arrêter les torrents, pour les cyclones qui se préparent et les jours de calme plat, pour les paysages époustouflants, le bleu du lagon et pour les gens...

Je sais que je ne passerai pas l'éternité ici, que d'ici quelques années je reviendrai en France, je me laisse porter par le courant, par les aléas de visa, d'attachement, d'économie, sans franchement me poser de questions. Tout peut arriver très vite, ces trois derniers mois ont été un exemple pour moi, mon quotidien a basculé, la vie a été mouvementée, pour le meilleur, sans aucun doute, pour de plus beaux moments encore.  J'ai encore dépassé mes limites, j'ai poussé plus loin mes capacités à tisser des liens, rencontrer des gens, chambouler mes habitudes.. Parfois je me dis "et si c'était auourd'hui le dernier jour, et s'il était temps de partir" alors je profite, je profite de chaque petit moment, de chaque lieux, de chaque détail, je chéris les quelques instants ça et là qui me rappellent qu'après de gros moments de tristesse je mérite amplement de sourire et de rire comme j'ai pu le faire en arrivant sur l'île. 

Il est de ces souvenirs qui resteront à jamais enfouis dans les mémoires et qui ne seront jamais partagés que par ceux qui les ont vécu et qui ont pu ressentir la force des liens qui se sont créés, et il y a d'autres souvenirs que les photos peuvent illustrer assez justement pour éblouir ceux qui n'ont pas pu les vivre..

Condensé des heures toujours plus douces :
Flic-en-Flac

Le Morne

Le Morne

L'embrasure

L'embrasure

LUX* Le Morne

LUX* Le Morne

Flic-en-Flac


Champions du Monde !

Bal du 14 Juillet - Institut Français de Maurice

vendredi 1 juin 2018

Pourquoi demain je marcherai pour les droits LGBTQ+

Hello,

Je me suis longtemps demandée comment formuler cet article, quel ton je voulais lui donner et ce que je voulais en dire. Un processus fastidieux consistant à me demander si j'y intégrais des données personnelles, ou si je faisais un simple état des lieux. La dernière solution me paraissait peu pertinente, je ne suis pas vraiment journaliste, j'ai un peu la flemme d'aller faire des recherches, et puis après tout, généralement ici on parle de mon ressenti et de faits plutôt personnels. 

Aimer c'est fondamental, c'est plus qu'un droit, c'est une liberté
Papa, maman, j'aime aussi les filles. J'aurais pu mettre ça en titre, mais ce n'est plus vraiment un scoop pour quiconque est mon ami et a suivi depuis un an l'affichage public de ce qu'on appelle communément "mon orientation sexuelle". Je n'aime pas être mise dans des cases, mais c'est comme ça, quand tu sors de la norme il faut bien te mettre quelque part. 


Tout a commencé il y a 15 ans, peut-être un peu plus, je le savais, et je l'avais dit déjà à demis mots à une copine de classe, un soir, lors d'une soirée pyjama.. Des mots d'enfants sûrement, qui à l'époque avaient été mal interprétés, quand j'avais lancé à mon amie que "oui j'aime bien les filles aussi", elle a pris peur et décrété qu'elle ne m'inviterait plus à dormir chez elle.. Réaction basique, mais qui à cette époque là est restée ancrée dans ma tête, puisque le lendemain au déjeuner de la cantine on s'était moqué de moi, j'ai enterré ce secret profondément. 

Mes parents sont tolérants, d'un indulgence saine et tout à fait ouverts d'esprit, pourtant, au fil des années je ne me suis jamais confiée là dessus. Le lot de problèmes de la vie a fait que je pouvais bien garder ça pour moi encore un peu. Chemin faisant je suis devenue une adulte pas trop trop mal dans mes pompes, ayant des petits copains, des flirts etc.. Alors que j'enchaînais un certain nombre de divagations sentimentales un ami d'école sup m'avait dit "Cha, t'es lesbienne" en riant, visionnaire.. Mon premier copain n'a jamais eu vent de mon ressenti, mais avec le temps j'ai appris à être honnête et mon second "vrai" copain était au courant que : j'aime les gens et pas le genre. De ce côté là j'avais trouvé une oreille attentive et hors de tout jugement. Bref, petit à petit je me suis ouverte sur le sujet, je suis sortie de ma coquille, j'en parlais avec ma Rousse (mon acolyte, ma binôme qui se reconnaitra) mais sans jamais entrer trop dans les détails, et qui finalement a trouvé ça évident que je lui annonce que j'aimais vraiment les femmes..

J'ai suivi le coming out d'une cousine (que je remercie du fond du coeur de m'avoir précédée haut-la-main et grâce à qui je n'ai jamais eu aucun complexe à en parler par la suite) celui d'un cousin, celui du fils de la meilleure amie de ma mère... Je contemplais les réactions de chacun et chacune en émettant mon avis et glissant ça et là quelques indices qui aurait pu porter à croire que moi aussi, finalement j'étais peut-être "de ce bord-là".


Et puis me voilà à Maurice, libre comme l'air (ou presque) et plus à l'écoute de moi-même que jamais. Un immense fossé sépare la gamine de 10 ans et la femme de 25 ans que je suis devenue. J'ai eu un déclic, véritable, il y a un peu plus d'un an, en parlant à mes amis ici et disant ouvertement que je pouvais aussi regarder les femmes, et que je pourrais en faire une histoire, que j'avais envie de vivre ça et que je ne m'en empêcherais plus, si la vie devait me guider vers le sexe féminin, alors oui, j'ouvrirais les bras. 
Et puis un soir de mai, c'est arrivé, comme une petite gifle, mais une bonne gifle vous voyez ? Celle qui te fait te réveiller, prendre conscience que t'étais pas trop sur la bonne piste mais que maintenant tu t'en approches, celle qui secoue mais qui révèle. Une gifle sous forme de femme. 

Et je ne m'en suis jamais plus cachée.


Alors pourquoi je vous dis tout ça ? Pour être transparente, et puis parce que samedi, demain, il y a la Pride March, la 13e marche des Fiertés de l'île Maurice menée par le Collectif Arc-En-Ciel (seuls deux pays de l'Océan Indien ont leur Pride March : l'Afrique du Sud et Maurice). J'y ai participé l'année dernière, et cette année, je m'y rendrai à nouveau. Non pas pour afficher publiquement mes couleurs mais parce qu'à l'heure actuelle nous (le mouvement LGBTQ+) devons nous battre pour des droits fondamentaux et une reconnaissance de notre égalité, je suis une femme Queer (j'y reviendrai dans un autre article), je devrais avoir le droit de me marier avec quelqu'un de ce pays que je chérie, je devrais avoir le droit de l'afficher publiquement sans avoir peur, et mes amis homosexuels devraient pouvoir être en couple sans risquer la prison, devraient pouvoir se tenir la main dans la rue sans que cela soit source d'agressions. 

Je lis des choses terribles sur le mouvement et des pensées de personnes qui jugent les LGBTQ+, et je suis choquée du manque de tolérance, du manque d'amour, du manque d'humanité de certains. Nous sommes considérés comme des sauvages et des animaux, nous ne devrions pas avoir le droit de marcher pour nos droits comme certains manifestent contre toutes sortes de choses. 
Je me considère comme une personne normale, j'aime les gens sans différenciation de genre, je n'ai pas un neurone plus défaillant que mon voisin hétéro, je ne suis pas malade, nous ne sommes pas malades, nous ne venons pas du diable... 


Et je me battrai demain, l'année prochaine, dans dix ans, à Paris, Port Louis, Toronto, New York, pour que nous soyons reconnus comme humains normaux, méritants les mêmes droits que tout le monde, et si cette marche est festive dans la capitale Française (et moins engagée du coup) ici elle est un symbole fort d'une nation qui a besoin d'évoluer. 


Queer & Proud to be.



mercredi 7 mars 2018

Quid de la chance ?

Hello,

Je reviens avec un article un peu spécial, une réflexion que j'ai eu il y a quelques temps avec une très bonne amie, nous étions face à la mer en train de petit déjeuner, nous nous disions que nous étions bien et nous pensions à nos amis en France ou ailleurs qui nous disent souvent "vous avez de la chance !" Pas forcément...

Quand on me dit que j'ai de la chance de vivre à Maurice, que j'ai de la chance d'avoir trouvé quelqu'un à aimer, que j'ai de la chance de parler anglais, de la chance de savoir cuisiner, de la chance d'avoir X ou Y chose dans ma vie... La chance n'a rien à voir avec tout ça, j'ai eu des coups de pouce du destin, mais chaque choix m'a menée là.

Pour vivre à Maurice j'ai fait 5 ans d'études, j'ai fait des choix, j'ai saisi des opportunités, j'ai claqué la porte au nez de ma zone de confort, j'ai tout largué, perdu des choses, j'en ai aussi gagné.

Pour avoir trouvé quelqu'un à aimer j'ai dépassé mes limites, je me suis ouverte, j'ai entrepris, j'ai souris, je n'ai pas tourné la tête, et chaque jour est une étape, chaque mot, chaque tendresse, rien n'est acquis, jamais.

Je parle anglais parce que j'ai travaillé dur depuis mes 11 ans, même si mon accent n'est pas très bon, même si je me trompe encore dans les accords.. J'ai bossé avec acharnement, j'aurais pu le faire avec les maths, mais je n'aime pas... Quand quelqu'un est bon en maths pour moi ce n'est pas de la chance c'est surtout du courage !

Je sais cuisiner car ma mère m'a appris la passion des bonnes choses, mais je rate encore mes plats et tout n'est pas toujours bon.

Bien sûr il y a une part de chance, être née femme en bonne santé dans un pays où ce n'est pas mal d'être une femme, être née dans une famille qui n'est pas à plaindre... Mais là encore, si ma famille n'est pas à plaindre ce n'est pas dans la chance, c'est du travail constant. Et ce travail nous le perpétuerons...

Le destin m'a envoyé des signes que j'ai su percevoir, j'ai parfois laissé passer des occasions, mais j'ai tout fait pour qu'elles se représentent. Ce n'est pas de la chance, c'est de l'acharnement... S'accrocher à la vie, ne pas baisser les bras, travailler, dur, parfois sans envie, regarder droit devant, toujours se relever, affronter les critiques, affronter les échecs, aider son prochain, tendre des mains.

C'est pas de la chance, c'est du talent, c'est de la survie, c'est de l'esprit d'équipe, de la solitude, de la hargne, de l'envie, de la passion, de la clairvoyance, de l'audace... Oui c'est ça, ce n'est pas de la chance, mon destin c'est l'audace !

Tout cela pour vous dire qu'il faut saisir les opportunités, oser, se dépasser constamment, ce n'est pas de la chance de décroiser les bras ! La chance c'est quand il fait un grand soleil au paradis, ou qu'il pleut un lundi...